Halloween de John Carpenter – 1978

Le film qui va ouvrir ce nouveau blog n’est autre que le cultissime Halloween réalisé par John Carpenter aka le Maître de l’horreur, le Prince des Ténèbres ou encore Big John. Un large éventail de titres pour un monsieur qui envoie du pâté.

Certes, on pourrait pinailler en rappelant que la qualité de ses œuvres est assez inégale, le médiocre (Ghost of Mars) peut côtoyer le génie absolu (The Thing) mais l’on ne peut nier que ce réalisateur a un talent grand comme ça (imaginez un grand écart de JCVD pour illustrer le « ça »). Bordel, regardez un peu sa filmographie de 1980 à 1990 ! Alors, heureux ?

Films de John Carpenter

Les notes indiquées sont les notes moyennes des spectateurs des sites Allociné, IMDB et Sens Critique.

Halloween est un film d’horreur / épouvante dans lequel Michael Myers (Michel Meyer en VF, pour la classe, on repassera plus tard), un homme dont le physique est taillé pour abattre des arbres à la main et faire des nœuds avec des échines, fracasse ses victimes pour assouvir ses pulsions démoniaques. Des pulsions que rien ne semble pouvoir arrêter, que ce soit un thé vert bien chaud ou Pascal le grand frère.

Mike Myers

Mike Myers, l’entité démoniaque de la série Halloween.

Pourquoi il est bien Halloween ?

Ce film a plus de 35 ans et reste une œuvre majeure du cinéma d’horreur. Alors certes, on peut sourire en observant les comportements et réactions de l’ensemble des victimes mais, tout comme le spectateur de l’époque, les victimes font face à une nouvelle menace. Dans les années 70, personne ne connaissait encore les codes et autres mimiques de ce sous-genre du film d’horreur (Le slasher movie, j’y reviendrai après), il était impossible de prévoir ce qu’il allait se passer à l’écran car pratiquement aucun autre film ne proposait un déroulement semblable à celui d’Halloween, ce qui apparaît comme cliché dans les productions actuelles ne l’étaient pas en 1978.

Il est crucial de se remettre dans le contexte du film que l’on regarde pour ce genre de raison, avec toute la myriade d’ersatz qui ont tiré, et tirent encore, sans fin sur la corde de tout ces codes créés par Halloween, il est normal que la surprise ne soit plus au rendez-vous pour le cinéphile contemporain. Bien entendu, nous avons eu droit à une bonne pelletée de slashers de qualité qui ont su se démarquer et nous surprendre à leur façon mais c’est Halloween qui a démocratisé le genre et engendré toutes les productions appartenant à ce sous-genre horrifique.

C’est pourquoi il doit imposer le respect et doit continuer à être perçu comme un tournant du cinéma d’horreur même si certains aspects peuvent sembler vieillot.

Une fois cette idée en tête (ou pas), l’on peut constater le travail apporté à l’esthétique visuelle et sonore qui immergent totalement le spectateur dans cet univers dominé par le mal, ici représenté par l’imperturbable Mike Myers.

L’ensemble de l’œuvre est dirigé de main de maître et sublimé par une bande originale aux petits oignons hachés à la machette avec amour.
D’ailleurs, je vous conseille de jeter une oreille à toutes les compositions de John Carpenter (au hasard, l’album : Lost Themes) , qui est aussi un excellent compositeur. John est big, son talent aussi.

John Carpenter

John Carpenter qui fait un selfie sans les mains.

Revenons-en à nos petits moutons fébriles, Halloween est un des premier slasher-movie.
Il n’est pas le premier car avant lui étaient sortis Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper et Black Christmas de Bob Clark en 1974 ou éventuellement Psychose d’Hitchcock, je dis « éventuellement » car ranger le chef d’oeuvre d’Hitchcock dans cette catégorie est un peu moins évident que pour les autres exemples énoncés précédemment.

Brièvement, le slasher (en anglais « to slash » qui signifie taillader, couper, trancher bref vous voyez le topo) est un sous-genre du film d’horreur.
Sa particularité est de concentrer son intrigue autour d’un tueur, psychopathe ou autre fissuré de la théière. C’est le héros du film qui, dans le meilleur des cas, crève l’écran en absorbant le charisme des autres protagonistes, reléguant ces derniers à de simples morceaux de viande sur guibolles. Des guibolles mises à rude épreuve vu le nombre de kilomètres qu’elles vont parcourir durant les moult tentatives de fuite.
Les slashers sont donc une succession plus ou moins originale de massacres, principalement à l’arme blanche ou autres objets pointus, rouillés, tranchants, perforants, contondants ou Sylvie Vartan.

Liste de Slashers

Le genre du Slasher est énormément représenté au cinéma avec plus ou moins de réussite…

L’action est centrée sur ce fameux tueur dont on n’a pas attribué de points lors de la répartition des statistiques émotion et empathie, ce qui définit parfaitement le croquemitaine (ou Boogeyman dans la langue de Benny Hill), celui qui effrayait les petits lardons de l’époque. Il faut préciser qu’en ces temps immémoriaux (ce mot est du miel) les gens n’étaient pas aussi immunisés à l’horreur / épouvante qu’à l’époque actuelle, comprenez donc que la fête d’Halloween a du faire claquer la paire de castagnettes de bon nombre de personnes après avoir visionné le film.
On peut même dire qu’après avoir vu ce film, les âmes plus sensibles avaient une indéfinissable (ci)trouille de sortir pendant la fête d’Halloween. Le distributeur de tomates pourries se trouve à l’entrée, servez-vous, je le mérite.

Comme je l’ai fait remarquer plus tôt, ou plus tard si vous lisez l’article dans le mauvais sens, Halloween a ouvert la porte à d’autres films qui emprunteront les mêmes codes que l’oeuvre du Master of Horror à savoir :

Un vil méchant démoniaque maléfique possédé se cachant derrière un masque blanc, vierge traduisant une absence totale d’émotion, massacrant joyeusement la plèbe locale courant de manière hasardeuse tout en déployant leurs cordes vocales jusqu’à plus soif.
La Mort est arrivée en ville et vous ne pourrez rien y faire.

Les slashers ont plutôt tendance à avoir une réputation de films faciles: il suffit d’un tueur, d’armes et d’innocentes victimes qui finiront leur vie et souvent leur carrière dans un bain de sang.
Il s’agit des critères de base mais certains films comme Halloween vont offrir d’avantage notamment grâce à sa réalisation: le film propose de superbes plans fixes montrant les futures proies du tueur déambulant dans Haddonfield sans se douter que le croquemitaine les guette. Une réalisation qui exerce aussi le rôle de voix pour le tueur totalement mutique, en effet, pas besoin de mots pour expliquer ses intentions, il ne parle pas, les plans le font pour lui.

Plan Halloween

Un plan fixe parmi les nombreux qui composent le film. Le plan démontre deux choses : 1 – Mike Myers analyse, scrute sa proie / 2 – La proie ne le voit pas mais il est dans le champ de vision du spectateur qui sent constamment la menace.

Autre particularité concernant la réalisation du film, Carpenter a eu la bonne idée de ne pas montrer toute la violence à l’écran. Pas d’effusion de sang à tous les coins de rue ni de meurtres brutaux comme on peut le voir dans Vendredi 13, Freddy ou Scream pour ne citer que les plus célèbres.

Big Fucking John a préféré miser sur l’ambiance et la tension plutôt que sur le gore, c’est toujours plus terrifiant de laisser travailler l’imagination du spectateur que de montrer frontalement hémoglobine et tripailles…Bien qu’un petit intestin qui se tire la malle peut apporter joie et volupté aux spectateurs avides de sensations fortes.

Timecode des kills du films Halloween

On peut remarquer que les meurtres perpétrés par Mike Myers ne sont pas très nombreux. A noter qu’il n’y a aucun mort dans les 30 dernières minutes du film.

Le slasher brille rarement par son scénario mais avouons que l’on éprouve une certaine satisfaction en regardant ces croquemitaines invincibles déambuler de manière cadavérique à travers toute une flopée de lieux aussi glauques que mystérieux. Eh oui, on a tous un mini-psychopathe qui trottine joyeusement dans notre encéphale en chantant la-la-la.
Ce petit plaisir malsain de découvrir de quelle façon le casting du film va se faire corriger… Ne le niez pas!
Le scénario d’un slasher ne doit, à mon humble avis, pas entrer dans l’avis final du spectateur, dans tous les cas, il s’agit d’un prétexte pour déclencher toute une série de meurtres.

Halloween est une oeuvre à voir au moins une fois dans sa vie (en étant mort c’est plus ardu) pour se rendre compte que Carpenter a posé non seulement sa paire de knacki balls sur la table mais aussi les bases du genre dans son premier chef d’oeuvre. Des bases qui sont encore utilisées avec plus ou moins de réussite dans les productions horrifiques actuelles, ses knacki ball, ça je ne sais pas.

 

Halloween in One shot

L’image sélectionnée fait partie de la magistrale scène d’ouverture qui est un plan séquence, à débander une momie, montrant le premier meurtre de Mike Myers.

La scène en question commence en vue à la première personne et finit sur un plan s’éloignant du psychopathe en culotte courte.
Cette scène d’introduction transpire de qualité par sa réalisation et mise en scène percutante (Les gros atouts du film), nous voyons à travers les yeux du tueur. Tout au long de la scène, nous voyons à travers les yeux de Mike, nous ne connaissons pas l’identité de la personne. Celle-ci va prendre un couteau et enfiler un masque pour ensuite remplir sa todo list macabre de la journée en accomplissant sauvagement son premier meurtre.

Le tueur se dirige ensuite, d’un pas nonchalant, vers l’extérieur de la maison. Son masque est ensuite retiré, cette action ponctue la prise de vue à la première personne pour basculer à la troisième personne, la caméra s’éloignant progressivement du tueur.
Première surprise pour le spectateur, il s’agit d’un enfant.

Un twist d’ouverture assez sympathique, un visuel qui claque véritablement du képi,  une bande son aussi glaçante que le fait de s’asseoir torse nu sur un trône de fer en plein Pôle Nord et vous obtenez une scène d’anthologie.

La caméra en vue subjective est utilisée tout le long de la phase « je vais tous vous tuer », Michael est comme possédé par son côté noir intérieur, poussé à ôter la vie à toute personne sur son chemin.
Cette mise en scène en vue subjective permet également de maintenir le mystère sur l’identité du tueur tout au long de la séquence.

A la fin de la scène, la phase subjective se termine en même temps que Michael retire son masque, on peut alors s’apercevoir qu’il est perdu, déboussolé, comme si son corps n’était qu’une enveloppe vide utilisée pour satisfaire de vils desseins.

La caméra est l’interprète du mal qui ronge l’enfant, il en prend possession et quitte son corps en même temps que la caméra s’éloigne du corps de Michael, un exemple de mise en scène dont beaucoup devrait s’inspirer !

J’ai choisi cette image car elle ponctue cette superbe scène d’ouverture qui contient tout ce que Halloween proposera au spectateur et ce dont j’ai parlé dans cet article : Une bande son angoissante en fusion parfaite avec la mise en scène, le mal sous forme humaine et une forme de violence plutôt suggérée que frontale qui confirme les excellents choix du réalisateur.
Par ailleurs, cette magnifique séquence est souvent citée lorsque l’on évoque le film Halloween, ce n’est pas pour rien !

Et pui, pour ce premier article, j’ai choisi l’image de la première scène du premier film d’horreur de John Carpenter, et ça c’est plutôt cool !

Le mot de la fin

Il s’agissait du premier article du blog je n’ai pas la prétention de propager la bonne parole ni de détenir la vérité absolue, ce texte reflète simplement mon humble avis, mon interprétation et ce qui m’a attiré dans ce film.

Je me cherche encore un peu concernant la structure du texte, des articles par conséquent il se peut que le style des prochains articles diffèrent, ou pas. Je suis encore dans le flou à ce niveau.

Ce qui est certain par contre c’est que je prends beaucoup de plaisir à écrire ce genre de texte car cela me permet de me documenter et d’en apprendre d’avantage sur des films que j’apprécie. C’est tout bénef’ pour ma pomme.

Si vous avez eu le courage de lire tout en entier, merci pour votre patience, je vous invite d’ailleurs à donner votre avis, sur le site, cet article et / ou sur le film, ce qui vous a marqué, ce que vous avez aimé, détesté ou pourquoi pas sélectionner vous aussi une image.

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6 réflexions sur “Halloween de John Carpenter – 1978

  1. Un plaisir à lire ! J’ai hâte de lire d’autres articles du genre pour bien rigoler et (au passage) prendre connaissances de points de vues différents sur certains films (en espérant avoir vu les prochains qui seront traités) ! 🙂

    J'aime

    • Ah c’est intéressant comme ressenti !
      Ayant vu le film assez tard, j’ai bien perçu l’impact de cette scène au niveau purement technique mais je n’imaginais que cette scène pouvait autant traumatiser. 🙂

      Ça passe mieux maintenant ? 🙂

      J'aime

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